Vous êtes professionnel du tourisme et, en tant que tel, n’êtes pas étranger au concept de saisonnalité. Eh bien justement, comment optimiser les ailes de saison, ces périodes « dans le creux de la vague » ? L’été, souvent synonyme de taux d’occupation le plus élevé, ne dure qu’un temps, vous en avez bien conscience. Fort heureusement, compléter vos revenus grâce à l’arrière-saison ne revient pas forcément à poursuivre une chimère ! Dans cet article, Esprit Insolite vous livre donc quelques conseils pour aborder les intersaisons avec davantage de sérénité. Vous allez voir qu’attirer des voyageurs ne relève pas forcément du parcours du combattant.

Qu’est-ce que les ailes de saison exactement ?
Dans le domaine du tourisme, la saisonnalité est reine. C’est généralement elle qui dicte le flux de clients qui séjournent dans un hébergement ou visitent une région. Elle peut être divisée en trois catégories :
– La saison haute, également appelée « belle saison » et correspondant à l’été (entre juin et août ou septembre) ;
– Les ailes de saison ;
– La basse saison, qui correspond plus ou moins à l’hiver, entre novembre et février.
Typiquement, l’aile de saison coïncide avec une baisse d’activité pour les hébergeurs, et peut se produire plusieurs fois par an. À la fin de l’été et tout l’automne, à la fin de l’hiver et au printemps. Les vacanciers sont moins nombreux à se déplacer, la météo se prête moins aux escapades. Les parents reprennent le chemin du bureau, les enfants celui de l’école… Bref, les intersaisons dépendent d’un grand nombre de facteurs sur lesquels vous n’avez, bien souvent, aucune emprise.
Cela ne veut pas dire que vous devez tout simplement « subir » ces périodes un peu plus calmes. Personne n’apprécie vraiment d’avoir à composer avec des finances en dents de scie ou un hébergement peu rentable. Par chance, au contraire, il est possible de faire jouer cette fluctuation des demandes en votre faveur !
Optimiser ses réservations sur les ailes de saison : comment s’y prendre ?
Afin de mieux appréhender les inter et basses saisons, il convient de comprendre leur fonctionnement. La réalité des professionnels du tourisme est complexe. Leur survie se rapporte essentiellement au taux de fréquentation d’un lieu ou d’un logement en particulier. Avec un minimum de préparation et d’entraînement, cela dit, vous pourrez établir plusieurs stratégies pour renforcer votre trésorerie.
Car oui, attirer des touristes en hors saison est une chose qui se travaille ! Il est nécessaire de passer par différentes étapes pour obtenir un résultat positif. Mais valoriser son offre touristique, malgré les efforts requis, ne présente que des avantages. C’est aussi une manière de la maintenir à flot. Vous allez voir que la question de la tarification est déterminante, même si le prix d’une chambre ne fait pas tout. Il devra être associé à d’autres critères (type de clientèle, durée des vacances, fréquences d’achat pour les options…) pour être pertinent.
Autant d’éléments qui, mis bout à bout, vous aideront à pratiquer des tarifs personnalisés pour coller correctement au calendrier. Poursuivez donc votre lecture pour découvrir sans plus attendre comment procéder pour optimiser les ailes de saison.
Étape n°1 : cibler sa clientèle
La première phase de votre démarche doit s’intéresser à l’élément clé de votre activité d’hébergeur. À savoir, les voyageurs. Bien entendu, sans eux, pas de rentrée d’argent, et impossible de gérer un hébergement insolite sur le long terme.
Lors de l’élaboration de votre projet, vous avez déjà dû identifier le type de clientèle à convaincre. En ce qui concerne la basse saison, l’exercice reste le même, mais, évidemment, les clients cibles vont changer. Les touristes qui voyagent en France entre juillet et août ne seront pas les mêmes que ceux disponibles en octobre, par exemple.
Cerner les voyageurs potentiels
En dehors de l’été, on peut recenser plusieurs classes de vacanciers pour être en mesure de développer une stratégie appropriée :
– Les personnes à la retraite, libres de toutes contraintes relatives aux obligations professionnelles ou institutionnelles ;
– Les voyageurs itinérants qui réalisent un parcours en étapes ;
– Les clients d’entreprise qui se déplacent justement pour des raisons d’affaires ;
– Les couples sans enfants ou les familles dont la progéniture est encore trop jeune pour se rendre à l’école ;
– Les touristes étrangers dont les périodes de congés ne concordent pas avec les vacances françaises.
Cela peut aussi toucher des catégories plus vastes comme les amateurs de musique ou de voyage à la dernière minute. En effet, un concert important qui doit avoir lieu dans votre région peut représenter une opportunité commerciale, les particuliers devant bien se loger sur place.
Comment optimiser les ailes de saison : modifier le message
S’il est indispensable de prendre le temps de distinguer quelle(s) clientèle(s) est disponible(s) hors saison, ce n’est pas par hasard. Le discours commercial que vous tenez le reste de l’année n’aura tout bonnement aucun intérêt à leurs yeux. Pour vous préparer au mieux et adopter la bonne posture, adapter les formulations et la tarification sera incontournable :
– Vous pourrez proposer des offres avec petit-déjeuner inclus ou la troisième nuitée à petit prix ;
– Ou bien rédiger des annonces contenant les termes « gratuit » ou « offert » (pour bébé, pour les enfants jusqu’à 6 ans, etc.) ;
– Pourquoi ne pas imaginer des formules « étapes » à destination des voyageurs en déplacement professionnel ? ;
– Prévoyez la création de packs avec réduction pour les clients qui réservent très tôt, façon « early bird ».
Évoquez enfin la possibilité de profiter de l’été indien. Ou les bénéfices que pourrait apporter un break effectué en amont du printemps. En résumé, votre discours devra être à jour et correspondre à la saison pour être efficace.
Étape n°2 : miser sur les offres et les promotions
La clé, pour pallier le manque de fréquentation pendant l’intersaison, consiste à ajuster votre formule commerciale. Lorsque les beaux jours se font plus rares, certaines activités d’extérieur deviennent inaccessibles. Vous allez donc devoir valoriser votre offre touristique et identifier les secteurs qui restent attractifs pendant cette période.
Première suggestion : baissez vos prix ! Oui, cela vous paraîtra sans doute contradictoire, mais diversifier vos tarifs à cette période est tout à fait pertinent. Au demeurant, configurer ses prix tout au long de l’année est vivement recommandé. Cela vous permettra de les revoir à la hausse ou à la baisse en fonction de la saison. Or, avec une remise modérée de 10 à 30 %, vos hôtes seront plus susceptibles de prolonger leur séjour d’une nuit. Au final, vous en ressortez gagnant !
Bien sûr que vous préféreriez enregistrer des réservations sur une semaine, voire plus. Malheureusement, ce scénario n’est pas vraiment compatible avec les périodes où l’activité touristique est au plus bas. Soyez flexible et permettez aux voyageurs de s’arrêter dans votre domaine pour une nuit ou deux seulement. Les jeunes actifs, libres uniquement le week-end, seront ainsi encouragés dans la planification de courtes escapades. Et ce n’est pas 2023, avec neuf jours fériés en semaine, qui vous dira le contraire !
Autre option : mettre au point des formules « hors saison » qui vont aussi convaincre les touristes à voyager.
– Lancez une offre « tout-en-un » avec accès au spa, coffret de chocolats et champagne. Ce pourrait être à l’occasion de la Saint-Valentin (entre autres) ;
– Imaginez un pack sport ou détente : une nuitée pour deux avec un cours de yoga ou de Pilates…;
– Prévoyez un week-end à thème pour la Chandeleur, Mardi gras ou la Saint-Patrick ! Les clients pourraient séjourner au domaine et réserver un panier contenant les ingrédients requis pour faire des crêpes ou beignets. Ou se voir proposer un coffret dégustation de plusieurs bières artisanales.
N’hésitez pas à consulter cet article pour savoir comment dynamiser les réservations pour l’automne ! Il renferme de multiples conseils qui s’appliquent aussi bien à l’intersaison.
Dernière étape : soigner sa présentation et sa communication
Vous le savez maintenant, communiquer autour de votre offre touristique est un élément clé dans la réussite de votre projet ! Pour optimiser les ailes de saison, vous allez devoir continuer à appliquer cette règle essentielle. Et ce, sur tous vos supports. Ce n’est pas parce que la belle saison s’est envolée que vous ne devez plus rien poster sur les réseaux sociaux. Profitez-en aussi pour actualiser votre site internet et vos annonces sur les différentes plateformes qui vous recensent.

Vous allez plutôt pouvoir centrer votre communication sur la tranquillité liée aux vacances en des temps plus calmes. L’afflux de touristes étant inférieur à la moyenne, vos hôtes pourront se prélasser à souhait dans votre domaine. Pourquoi ne pas suggérer une digital detox et permettre à vos clients de se ressourcer pendant leur séjour ?
Enfin, n’oubliez pas l’importance de prendre de belles photos pour offrir à votre logement insolite la reconnaissance qu’il mérite. Privilégiez les journées d’automne ensoleillées pour bénéficier d’une luminosité propre à cette saison particulière. Photographiez le poêle à bois si vous en possédez un, le salon avec une myriade de coussins ou de plaids. Vos futurs hôtes pourront se projeter dans votre hébergement et faire jouer leur imagination. L’aspect d’une soirée cocooning au coin du feu séduira plus d’un vacancier après une longue journée de marche !
Comment optimiser les ailes de saison : des exemples de réussite concrets
Les ailes de saison représentent une période cruciale pour bon nombre d’hébergeurs, mais pas seulement. Au niveau touristique, elles soulèvent aussi des enjeux économiques à l’échelle de toute une région.
Les offices de tourisme doivent rivaliser d’ingéniosité pour mettre à l’honneur leurs régions. Par chance, certains y parviennent avec brio. Voici quelques exemples d’enrichissements des offres destinées à attirer les voyageurs même en basse saison.
Déployer ses ailes de saison grâce à l’itinérance
Voyager en itinérance est un modèle parfait pour étendre la saison touristique au-delà des mois d’été ! Depuis quelques années d’ailleurs, la rando-vélo gagne du terrain et séduit de plus en plus de Français.
D’après France Vélo Tourisme, l’Hexagone possédait déjà 18 848 kilomètres de pistes cyclables en 2021. D’ici à 2030, le gouvernement français a même annoncé sa volonté de faire passer ce chiffre à 25 587.
Autant dire, donc, que la France fait office de destination idéale pour pratiquer le tourisme à vélo. Tirez parti de l’occasion en aménageant votre offre pour mieux accueillir les vacanciers itinérants sur les ailes de saison :
– L’accueil des cyclistes doit être chaleureux : proposez-leur un rafraîchissement dès leur arrivée ;
– Les vélos de vos clients doivent pouvoir être stockés en sécurité pendant la durée du séjour ;
– Ayez à disposition un kit d’entretien ou de réparation (pompe, rustines, chambres à air…) ;
– Partagez avec eux des itinéraires cyclables à proximité.
C’est peut-être le bon moment pour constituer un dossier et obtenir la certification Accueil Vélo ! Créer une offre spécifique pour les vacanciers qui se déplacent en vélo peut présenter des perspectives économiques non négligeables.
Vous pouvez également recommander une agence de location aux clients qui arrivent chez vous en train ou en voiture. Ils gagneront un temps précieux et vous en seront reconnaissants !
« Raconter » une autre offre touristique
En réalité, pendant la basse saison, il n’y a qu’une véritable question à se poser. Et celle-ci est : « Comment narrer autre chose que [l’été] ? ». En effet, l’accent doit être mis sur ce que votre domaine ou votre région ont d’autre à offrir.

Réfléchir à ce qui est disponible va permettre de suppléer l’impossibilité de faire du parapente ou du canoë-kayak, entre autres. Le département de la Savoie a notamment adopté cette stratégie. Il continue de cette façon à séduire les voyageurs même lorsque la neige a (presque complètement) fondu. Demandez-vous :
– Quelles sont les adresses gourmandes à ne surtout pas manquer dans le coin ?
– Où est-il possible d’effectuer des visites culturelles ou de découvrir des lieux pittoresques ?
– Quelles sont les activités disponibles tout au long de l’année ?
– Recensez aussi les lieux plébiscités par les familles : hors vacances scolaires, jardins zoologiques, cités médiévales ou encore parcs aquatiques seront bien moins fréquentés.
Faire ce premier tri va vous aider à mieux cerner le potentiel touristique mobilisable. Les ailes de saison sont aussi propices à l’activation de votre réseau local. Quels sont les prestataires avec lesquels vous pouvez mettre en place un partenariat ? Où se situent les musées ou châteaux remarquables à visiter près de votre hébergement insolite ? Il existe sûrement des ateliers bien-être à proximité, des cours de cuisine ou d’œnologie qui feront le bonheur des vacanciers.
Vous devez souligner la possibilité d’effectuer des week-ends prolongés ou de courts séjours dans la région. En fait, ceux-ci devront s’articuler autour de la gastronomie, de la culture ou du bien-être.
« Avoir du plomb » dans… les ailes de saison ne vient pas forcément de pair avec cette période touristique plus creuse. Au contraire ! Même si savoir comment optimiser les ailes de saison ne s’improvise pas, le résultat n’en est pas moins à la portée de tous. En évitant de cibler la clientèle estivale « traditionnelle », vous parviendrez à surmonter l’intersaison et sa baisse d’activité. Et à patienter sereinement en attendant le retour de l’été !
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